Le prix « Jean-Claude Racine »

La Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec
tient à féliciter:
M. Edouard Belisle, gagnant du prix 2014!

 
 

M. Edouard Bélisle se fait remettre le prix «Jean-Claude Racine» par M. Erick Tremblay, président de la Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec, et par
Mme Nathalie Camden, sous-ministre adjointe au Développement durable, à l'Environnement, à la Faune et aux Parcs.


 
 

Né le 13 juillet 1938 à Saint-Antoine, notre candidat est le deuxième d’une famille de huit enfants. Il est le père de 4 enfants : 3 garçons (Benoit, Denis et Christian) et une fille (Christine). Son initiation au piégeage débute à l’âge de 7 ans avec le rat musqué, qui a subi ses premières frappes à l’aide de pièges à patte nº 1 munis d’un ressort. Avec les années, il améliore son équipement en se procurant des pièges nº 1 à deux ressorts de marque « War Strang », et son regard se porte déjà sur les canidés. Le piégeage constitue son passe-temps, ce qui l'amène à réfléchir sur la façon dont il pourrait sélectionner ses captures et diminuer les blessures infligées aux animaux. Les années passent...

Dans les années 1969 et 1970, installé dans la municipalité de Ste-Sophie, sur le chemin Val-Des-Lacs, il procède à sa première réalisation sérieuse, soit la construction de serres pour la production de légumes (tomates, concombres, courgettes et fines herbes). Dans cette production, ses trois fils sont à son emploi, ce qui en fait une entreprise familiale huit années plus tard.

Des évènements le forcent à céder cette première entreprise. Prenant son courage à deux mains, il fait l’acquisition d’une nouvelle terre agricole boisée à Ste-Sophie afin d’en exploiter les arbres. Il fait l’achat d’un moulin à scie portatif. Après des heures de pratique et de multiples efforts, il en vient à construire deux serres à légumes à l’aide de son propre bois de sciage.

Deux ans plus tard, il a remis ses nouvelles acquisitions en valeur en produisant le bois d’œuvre nécessaire à la construction d’un bâtiment situé sur l’ancienne route 41, à Ste-Sophie (soit la route 158 aujourd’hui), destiné à l’exploitation d’une entreprise commerciale dans le domaine de la motoneige.

Les saisons de trappe s’écoulent et notre candidat est devenu un trappeur aguerri qui se permet de lancer des défis à des trappeurs de réputation, ce qui l’amène à affronter M. Aimé Plouffe, de sa région, pour la capture sélective du plus grand nombre de renards. Le défi fût relevé en surpassant M. Plouffe avec fierté, pour un total de 72 renards et un seul coyote. Cette expérience acquise, il réfléchit davantage afin d’améliorer ou d’inventer un piège qui lui permettrait de mieux sélectionner ses captures et de diminuer les blessures aux animaux qu'il déciderait de remettre en liberté.

Vers la fin de l’année 1989, il est encore confronté aux évènements de la vie, ce qui l’amène dans le comté de Labelle. Il consacre plusieurs heures à concevoir un piège respectant ses critères de capture. L'idée de ce piège lui vient lors de la journée du 3 juin 1994 : Edouard tond la pelouse à sa résidence, située à Ste-Véronique, lorsque sa conjointe le voit immobiliser la tondeuse en plein milieu du terrain pour venir à la hâte dans la maison. Tout excité, il lui dit : « j’ai trouvé comment fabriquer mon piège. Il va s’appeler piège à lacet! ». Il a ensuite mis cette conception en plan pour en obtenir un brevet.

Le 2 février 1998, ayant développé un certain prototype, il lance sa première entreprise : « 9059-5901 Québec inc. ». Les pièges Bélisle voyaient le jour le 6 février 1998, dans un bâtiment rudimentaire de la municipalité de Labelle, avec la conception des crochets de sécurité pour les ressorts des pièges en X, qui protègent les blessures aux mains et aux doigts. Dans la même année, l’entreprise a pris un deuxième nom : « Dispositif à lacet Bélisle ».

En l’an 2000, après la conception d’un nouveau piège à lacet de type « piège à gratter » pour les canidés, notre candidat vend son entreprise à son fils Benoit, et la compagnie prend ainsi le nom de : Les entreprises Bélisle, telle qu'on la connaît aujourd’hui. Elle est située au 61, rue Gaston-Dumoulin, à Blainville, QC. La même année, il vend ses brevets en France, ce qui va l’amener à faire des démonstrations en Europe à plusieurs reprises et à promouvoir ses méthodes humanitaires de piégeage sélectif avec ses pièges spécialisés.

Sa réputation de piégeur humanitaire lui permet de côtoyer des responsables des normes internationales de piégeage sans cruauté (ANIPSC) et des experts dans le développent du piégeage au Québec, soit messieurs Pierre Canac-Marquis, Gaétan Fournier, Langis Tremblay et combien d’autres. Il fit ainsi plusieurs voyages avec eux; ces gens pourront vous raconter les résultats obtenus lors de ces expéditions. Par exemple, au Texas, par ses techniques de piégeage, il a foudroyé les piégeurs de cet État.

De plus, il n’a jamais lésiné à aider les piégeurs, entre autres la FTGQ et ses associations affiliées, en offrant sa propriété pour des journées annuelles de piégeage ou de formations PGAF et PIGEC, et cela gratuitement. À chaque évènement, il nous offrait son temps afin de transmettre ses fines connaissances.

Notre candidat est un exemple type d’un coureur des bois qui a profondément marqué les piégeurs du Québec par le progrès qu’il a apporté aux méthodes humanitaires de piégeage. Il a également contribué à protéger les espèces d’animaux par ses méthodes et ses pièges sélectifs. De plus, il a amélioré la manutention sécuritaire des pièges Bélisle.

Il y aurait certainement beaucoup d'autres mentions à vous faire à son sujet. Il aurait par exemple participé à la fabrication de pièges pour le loup marin et tant d’autres. Nous avons même entendu dire qu’il vient de faire une nouvelle trouvaille dans son esprit concepteur.

Nous voulons remercier ce grand homme et tous ceux qui ont su le supporter dans toute cette réussite. Il est tout en notre honneur que le prix Jean-Claude Racine lui soit remis.

C'est pour toutes ces raisons que la Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec a choisi monsieur Edouard Bélisle comme récipiendaire pour le prix Jean-Claude Racine 2014. Félicitations, M. Bélisle!