Le prix « Jean-Claude Racine »

La Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec
tient à féliciter:
M. Jean-Claude Racine, gagnant du prix 2010!

 
 

M. Jean-Claude Racine (à gauche) se fait remettre le prix «Jean-Claude Racine»
par M. André Martin, Président de la Fondation de la Faune.

 
 

Notre candidat est un ingénieur forestier diplômé de l’Université Laval en 1961. Pendant 35 ans, il a œuvré et assumé différentes responsabilités comme ingénieur forestier au Ministère des Terres et Forêts et au Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec, où il a travaillé avec des biologistes et complété ses connaissances en matière de gestion intégrée des ressources.

Lorsqu’il a pris sa retraite en 1996, il était très sollicité pour des conseils en matière de protection des habitats de la faune. Il devint consultant et a travaillé depuis pour des pourvoyeurs, des Zecs, des réserves fauniques, une compagnie forestière, des communautés autochtones et bien sûr pour l’Association des Trappeurs Mauricie-Bois-Francs (ATMBF) et la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec (FTGQ).

C’est un ingénieur forestier possédant une grande expérience. Il a vu les coupes de bois passées du sciotte à la bûcheronne en passant par la scie mécanique et le débardage des bois, du « sleigh » à bois tiré par des chevaux à des transporteurs mécaniques monstres qui détruisent tout sur leur passage. Il a pu observer que du temps des sciottes et des chevaux, la faune n’était pas dérangée par les coupes de bois; elle y trouvait son abri et sa nourriture, d’autant plus qu’à cette époque, seulement quelques essences trouvaient preneur. 

Aujourd’hui la situation est bien différente, toutes les essences trouvent preneur et peu importe la taille, si bien qu’après une coupe, il ne reste aucun abri pour la faune, du moins à l’échelle locale. La réglementation qui régit les coupes de bois est adaptée à d’immenses territoires, 3 000 à 10 000 km2. Ce qui veut dire qu’une compagnie forestière au Québec peut couper l’ensemble d’un terrain de piégeage et être tout à fait en règle.

Plusieurs trappeurs, dont monsieur Racine, ont demandé, sans trop de succès, la protection de certains habitats sur leur territoire de piégeage.  Il fallait donc intensifier la démarche et fournir aux trappeurs et à leur association les outils nécessaires pour bien articuler leurs demandes. Le Guide d’aménagement de la Martre d’Amérique préparé en 2003, par Monsieur Racine et un collègue biologiste, Monsieur Yvon Roussel, vient répondre à cet élément essentiel dans la lutte que tout trappeur consciencieux doit mener pour protéger les habitats de la faune exploitée, la flore dont personne ne s’intéresse et la biodiversité dont les tous les gouvernements parlent, mais n’osent prendre action.

À l’heure où l’on parle de plus en plus de faire produire davantage nos forêts par différents travaux sylvicoles, la fertilisation, l’application de phytocides, le débroussaillage des plantations et le dégagement des résineux (deux traitements néfastes pour les espèces proies, tels le lièvre, les souris, le campagnol à dos roux, etc.), Monsieur Racine nous le signale : « Il s’agit d’artificialisation de la forêt, ce qui va à l’encontre de la faune et de la flore.»

Pourquoi avoir choisi la martre d’Amérique pour la préparation d’un guide pour la protection des habitats des animaux à fourrure? Parce que la martre est une espèce de fin de cycle forestier, une espèce donc « parapluie » et que la protection d’un certain pourcentage de ses habitats à l’échelle locale permet de protéger adéquatement l’ensemble des espèces fauniques forestières, sans parler de la flore et des paysages forestiers.

Monsieur Racine est d’avis qu’on ne peut plus laisser au hasard des bûcheronnes l’aménagement et la protection des habitats de la faune. La protection des habitats de la faune, selon ce dernier « ça doit être pensé et planifié ».  Les trappeurs ont toujours été reconnus pour apporter un équilibre dans la nature.  Ils se doivent de continuer dans ce sens et ajouter à leurs préoccupations, compte tenu du contexte forestier actuel, la protection des habitats des animaux à fourrure forestiers à l’échelle des terrains de piégeage. Il s’agit d’un défi de taille.  Selon Monsieur Racine, les trappeurs devront se trouver des alliers pour les supporter dans cette démarche, tels l’Institut de la fourrure, l’industrie de la fourrure, les environnementalistes, les autochtones, les chasseurs, etc.

Notre candidat est également un trappeur d’expérience qui s’est dévoué pour les trappeurs, tant au niveau régional qu’au niveau provincial, avec la FTGQ. Son dévouement et son implication dans les dossiers Faune-Forêt en particulier, lui ont valu de recevoir en 2003 le Prix « Pierre-Esprit Radisson », soit la plus haute reconnaissance qu’un trappeur puisse obtenir au Québec.

Principales réalisations dans le domaine de la protection des habitats de la faune et des paysages forestiers comme ingénieur forestier consultant :

  1. Étude de l’impact des coupes forestières sur la qualité des habitats de l’orignal dans le secteur Manouane. (1999 – pour la Cie Abitibi-Cosolidated).
  2. Préparation d’un plan de gestion intégrée des ressources – Volet Faune et Paysages – pour les organismes suivants : Zec Wessonneau et Pourvoirie Waban-Aki (2002).
  3. Étude sur les types de peuplements forestiers et les classes de hauteur utilisés par l’orignal en période hivernale sur la Zec Wessonneau et la Pourvoirie Waban-Aki (2002).
  4. Préparation d’un « Guide d’aménagement des habitats de la martre d’Amérique » (2003).
  5. Négociations d’ententes annuelles, visant la protection des habitats fauniques et des paysages forestiers lors des interventions forestières sur la Zec Wessonneau et sur la Pourvoirie Waban-Aki depuis 1997.
  6. Représenter les trappeurs de la Mauricie dans une démarche de certification forestière (CSA) sur un immense territoire de la Haute Mauricie (2005 – 2007).
  7. Membre actif du comité Faune-Forêt de la FTGQ depuis 1999.

Parmi les réalisations de Monsieur Racine dans le domaine des habitats de la faune, nous aimerions souligner la réalisation d’un « Guide d’aménagement de l’habitat de la martre d’Amérique ». Ce guide est basé sur une revue exhaustive des différents travaux de recherche effectués sur la martre d’Amérique au Canada et aux États-Unis.
Ce travail vise à permettre aux trappeurs et à leurs Associations de s’impliquer avec autorité dans la gestion forestière et les démarches de certification forestière en vue d’obtenir la protection d’une partie des habitats de la martre d’Amérique et ainsi protéger l’ensemble des animaux à fourrure forestiers sur leurs territoires.

La forte tendance à l’artificialisation de la forêt et la réduction de la période de rotation affecteront négativement les espèces de fin de cycle comme la martre en particulier. Déjà les biologistes du gouvernement parlent d’établir des quotas pour protéger la martre; ce qui aurait pour effet de réduire considérablement les revenus des trappeurs.  Avant d’accepter l’imposition de quotas pour cette espèce, selon Monsieur Racine, les trappeurs devraient travailler à obtenir du gouvernement la protection d’un certain pourcentage d’habitats de la martre d’Amérique, ce qui cadrerait mieux avec l’esprit du développement durable

Finalement monsieur Racine a été l’un des principaux artisans qui ont mené à la reconnaissance des trappeurs dans la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. En effet, de concert avec la FTGQ, monsieur Racine à participé à la rédaction et présentation de mémoire en commission parlementaire, ainsi qu’à la rédaction d’amendement au projet de Loi.

Source :   Philippe Tambourgi
Pour information : Tél. : (418) 872-7644/1-866-260-7644
 
     

Félicitations à monsieur Jean-Claude Racine!