Le prix « Jean-Claude Racine »

La Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec
tient à féliciter:
M. Pierre Mongrain, gagnant du prix 2016!

 
 

M. Pierre Mongrain s'est vu remettre le prix « Jean-Claude Racine » par les dignitaires présents. Photo prise par M. Gaétan Gauthier.

 
 

Notre récipiendaire est né à Shawinigan en 1951. L’aîné d’une famille de quatre enfants, il a grandi tout près de la rivière St-Maurice, là où, jeune enfant, il allait pêcher la perchaude, le crapet soleil et la barbotte en compagnie de son frère. De beaux poissons qu’ils rapportaient, tout fièrement, à leur mère, mais qui, le plus souvent, finissaient dans la gueule d’un chat.

Il se passionne pour la psychologie. Après un DEC au cégep de Shawinigan, il quitte les lacs et les rivières de la Mauricie pour entreprendre des études en psychologie à l’Université d’Ottawa.

Il obtient un baccalauréat en 1976.

En septembre de la même année, il est admis à la maîtrise à l’Université du Québec, à Montréal, où, tout en poursuivant ses études, il occupe successivement des emplois de conseiller en rééducation pour une commission scolaire et le ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

C’est à ce moment qu’il commence à ressentir un certain malaise quant à la profession qu’il s’apprête à choisir pour gagner sa vie.

Au printemps 1978, il apprend, suite à l’annonce du député de St-Maurice, M. Yves Duhaime, que le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche lance un concours afin de recruter du personnel supplémentaire pour assurer la protection du territoire public que le Gouvernement vient de décluber.

N’écoutant que son cœur, il répond à cet appel de la nature et se retrouve, encore, sur le bord d’une rivière, mais cette fois-ci, dans la région du Bas-St-Laurent-Gaspésie, où il est principalement affecté à la protection du saumon atlantique.

Pendant ce temps, sa conjointe, Anne, met au monde deux belles petites filles, Myriam et Éveline, qui les accompagneront tout au long de leurs nombreux déménagements.

Il est aussi initié par des confrères de travail à la chasse à l’orignal, une autre passion qui, depuis ce jour, n’a cessé de l’habiter.

Mais, comme un saumon qui revient toujours à sa rivière natale, il entreprend des démarches pour retourner vivre en Mauricie, et c’est en 1981 qu’il rejoint enfin le poste de la Protection de la faune de Shawinigan, situé sur la même rue où il a grandi, tout près de la rivière St-Maurice. Une nouvelle passion se développe.

Dans le cadre de la réforme du piégeage en 1984, il obtient ainsi un terrain de piégeage sur la ZEC du Chapeau-de-Paille, voisin de celui d’un ami, qui accepte volontiers de l'héberger à son camp de trappe. C’est sous la supervision de celui-ci qu’il apprend et se passionne à son tour pour le piégeage des animaux à fourrure.

Il devient membre de l’Association des trappeurs Mauricie-Bois-Francs et de l’Action boréale, qui a produit un documentaire

« L’erreur boréale » de la ZEC du Chapeau-de-Paille et de la ZEC Wessonneau.

Mais, il constate rapidement que cette réforme ne fait pas l’unanimité parmi le personnel de la direction du MLCP, en Mauricie, qui voit déjà d’un mauvais œil que l’on autorise ces piégeurs à construire des camps sur les réserves fauniques et, qu’en plus, on les laisse libres de choisir l’emplacement où sera érigé leur camp de piégeage.

En 1989, il a même forcé sa conjointe à suivre son cours PGAF.

Il devient membre de l’Association régionale des trappeurs Laurentiens, puis de l’Association régionale des trappeurs de Chaudière-Appalaches, de la ZEC de la Rivière Blanche. Ayant dû délaisser son terrain de piégeage précédemment, il fait l’acquisition d’un terrain sur la ZEC de la Rivière Blanche située dans la région de Portneuf, dont il est toujours membre.

Faisant valoir les droits que lui accorde la Loi sur la Conservation et la Mise en valeur de la Faune (LCMVF) pour ériger des bâtiments de piégeage sur les terres du domaine de l’État, les représentants de la Société acceptent, bien malgré eux, après plusieurs mois de représentation, de lui accorder l’autorisation de construire son camp de piégeage à l’emplacement qu’il avait choisi.

Après 33 ans de service, il prend sa retraite, en ayant toujours l’impression que les locataires de terrain de piégeage sont traités plus sévèrement que les autres locataires sur les terres publiques.

Animé par la volonté d’être traité de façon juste et équitable, il entreprend de comparer entre elles les conditions des baux de location octroyés par le gouvernement sur les terres du domaine de l’État.

Il consulte à ce sujet sa fille Éveline, qui a fait des études en droit à l’Université Laval de Québec, et qui lui remet plusieurs livres et traités de jurisprudence portant sur le droit administratif et le droit civil dans les contrats.

Après, plusieurs mois de recherche, il constate que le bail de droits exclusifs de piégeage contient bel et bien des clauses abusives, menaçant de faire perdre, à leur locataire, leurs droits sur leur terrain et leur camp de piégeage.

En 2013, il se joint aux membres du Comité des camps de trappe de la FTGQ et leur remet un document relatant le résultat de ses recherches concernant les conditions de leur bail de droits exclusifs de piégeage.

Les membres utilisent ensuite le document pour faire des représentations auprès des autorités du MFFP afin qu'elles apportent des modifications aux conditions de leur bail exclusif de piégeage.

Au printemps 2015, après plusieurs rencontres et échanges téléphoniques infructueux avec les représentants du MFFP, il conseille aux membres du Comité de s’adresser directement au Protecteur du citoyen pour qu’il se prononce sur le bien-fondé de leurs arguments. Il souhaite que le Protecteur confirme que les conditions qu’ils imposent à leurs locataires de droits exclusifs de piégeage sont injustes et inéquitables.

À l’automne 2015, en compagnie du président du Comité et du directeur de la FTGQ, il rencontre deux délégués du Protecteur du citoyen qui, après discussion, acceptent la plainte de la FTGQ et de faire enquête auprès des représentants du MFFP.

Mardi, le 8 mars 2016, il apprend par l’entremise de M. Jean-Marie Bélisle, président du Comité des camps de trappe, que leurs efforts ont porté fruit puisque la déléguée du Protecteur du citoyen a recommandé aux représentants du MFFP de déjudiciariser les conditions de ses bail de droits exclusifs de piégeage, c’est-à-dire de ne plus faire du respect de la Loi sur la Conservation et la Mise en Valeur de la Faune une condition de son bail de piégeage, et de mettre à jour et d'appliquer de façon uniforme dans toutes les régions du Québec, le 31 mars 2017, son Guide d’encadrement pour la gestion des terrains de piégeage.

Toujours actif dans le Comité camps de trappe, sa vaste connaissance juridique et ministérielle constitue un apport important dans toutes les revendications faites auprès du MFFP, pour le mieux-être de tous les trappeurs.

Un gros merci pour ton implication acharnée dans ce comité.

J’ai donc l’honneur de vous présenter M. Pierre Mongrain, récipiendaire 2016 du prix Jean-Claude Racine.