Le prix Pierre «Esprit» Radisson

La Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec
tient à féliciter:
M. Yvon Rudacovitch, récipiendaire du prix 2013!

 
 


M. Yvon Rudacovitch se fait remettre le prix Pierre «Esprit» Radisson par Mme Nathalie Camden, sous-ministre adjointe au
développement durable, à l'environnement, à la faune et aux parcs. À gauche, nous retrouvons également M. Lucien Gravel,
président de la Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec, et M. Roger de Denus, président d'honneur du 36e Salon provincial du trappeur.


 
 

La Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec est fière d'annoncer que le récipiendaire du Prix Pierre « Esprit » Radisson 2013 est monsieur Yvon Rudacovitch. Monsieur Rudacovitch s'est mérité cet honneur le 23 mars dernier lors du 36e Salon provincial du trappeur tenu à Rivière-du-Loup. Il devient donc le 28ème récipiendaire de cet honneur. Rappelons que ce prix est destiné à honorer de façon particulière un individu pour son implication dans le domaine de la fourrure. Ainsi, afin de mieux connaître monsieur Rudacovitch, vous retrouverez ci-dessous le texte de sa mise en candidature rédigé par monsieur Normand Marier.

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Prix Pierre « Esprit » Radisson 2013

Raison de sa mise en candidature :

Si l'on parle d’un trappeur, cela en est tout un! Les raisons qui me font le présenter aujourd’hui au titre de récipiendaire du Prix Pierre « Esprit » Radisson sont :

Le leadership naturel qu’il nous démontre à promouvoir la gestion des espèces et des forêts, et également sa générosité sans bornes vis-à-vis nous, trappeurs, et notre relève. En effet, qui n’a pas remarqué les milliers de pièges qu’il bout au Rendez-vous du trappeur, ou partout en région dans les cliniques d'information et de dépiautage?

Malgré son grand souci de rester dans la neutralité, il a permis à notre association de survivre lorsque celle-ci était mal en point. Lui et son fils nous ont effectivement permis d’éviter la dissolution de l’Association.

Il est né le 12 septembre 1950 au Lac Chaud, à la Macaza, d'un père d’origine polonaise (John), et d'une mère d’origine québécoise (Aline Morin). Déjà, à l’école, il restait pour ainsi dire accroché à l’histoire du Canada et surtout à celles de Radisson et de Desgroseillers qui, dans leurs canots d’écorce, effectuaient la collecte des fourrures avec la méthode du temps. Eh bien, c'est à partir de ce moment-là qu’il s'est trouvé un but dans la vie : consacrer le plus de temps possible au trappage et à tout ce qui s’y rattache.

Dès l’âge de 9 ans, il commence à trapper avec son père John, mais il remarque vite que son oncle a plus de succès; il lui demande donc de le prendre sous son aile, mais on ne survole pas avec Fred, on travaille et surtout on écoute. Il fait de son mieux et persévère. Déjà, la passion le gagne.

De 1963 À 1970, il gagne sa vie comme musicien. En 1971, il devient peintre-débosseleur et épouse Louise. Il trappe les fins de semaine. C’est avec les revenus de son trappage qu’il réussit à payer les études de son fils Sam au collège privé.

Parlons éthique :
Il est facile pour lui de respecter et de protéger la faune et la flore, parce que c’est toujours de cette façon qu’on lui a appris à aborder la forêt. Il a donc compris, dès son tout jeune âge, que la ressource resterait renouvelable, à condition qu’on la respecte.
Il se plait à réciter les paroles de son oncle Alfred Morin, son mentor, qui n’a cessé de lui répéter : « Un trappeur ne doit pas couper les arbres, il doit s’en servir plutôt pour aller chercher ceux qui vivent en dessous ».

Question respect des animaux :
Comme bon gestionnaire et comme fabricant, il a toujours en tête les particularités de chacune des espèces. Si vous l’accompagnez dans le bois, vous remarquerez rapidement qu’il sait prévoir le comportement de chaque espèce visée : c’est l’humain qui se transforme en gibier, il a la faculté de penser comme l’animal. Avec une grande sagesse, il sait quand s’arrêter et travaille continuellement à montrer à la relève que le travail du trappeur est d’équilibrer les espèces afin de les garder en santé. La déprédation, il s’en sert surtout pour éduquer la population et la sensibiliser à la fragilité des habitats et des écosystèmes.

Respect de ses confrères :
Étant un homme d’une grande intégrité, il demeure égal à lui-même vis-à-vis les autres piégeurs. Il partage même son territoire libre avec de nouveaux trappeurs, si bien qu’il se voit obligé de devenir aide trappeur afin que, 3 ans plus tard, il devienne propriétaire de son terrain. Il accepte afin de laisser du territoire à de nouveaux piégeurs.

Information-formation :
Vous le savez, l'un des grands points forts de notre homme, c'est qu'il sait très bien la chance qu’il a eu d’apprendre avec son oncle Alfred Morin; il se fait donc un devoir de partager ses connaissances. Il donne des cours pour la capture des canidés, il passe des soirées complètes à dépiauter pour les trappeurs... Les journées ayant toujours 24 heures, la famille décide qu’au lieu de faire le travail, il devrait plutôt montrer à chacun comment le faire. Il est un organisateur né (sa femme dirait un dispatcher), il sait s’entourer de gens forts et honnêtes, il organise donc des journées formation-information qui sont grandement appréciées par la relève.

Tout le monde le connaît comme un bourreau de travail ne cherchant qu’à s’investir dans sa passion, passion qu’il partage avec sa femme Louise et son garçon Sam. Dans notre domaine, il demeure une source sûre d’informations, de là les entrevues radiophoniques, téléphoniques, télévisées, les conférences, les films, les chroniques en revues, tout ceci afin de sensibiliser les trappeurs et l’ensemble de la population à la nécessité et l’importance de la relève dans le milieu du piégeage.

Je pense sincèrement me faire le porte-parole de plusieurs d’entre nous, soit ceux qui, de près ou de loin, le connaissent, ont fait affaire avec lui et ont eu l’occasion de lui parler. Je parle bien sûr de Yvon Rudacovitch!

Par Normand Marier