Les maladies de la faune

et le rôle des piégeurs

La rage

La rage est une maladie virale mortelle et contagieuse qui s’attaque au système nerveux des mammifères, y compris celui de l’humain. Lorsque le virus atteint le cerveau, il causera l’arrêt du fonctionnement graduel des organes internes puis la mort de l’individu infecté. Le virus prend généralement de 30 à 60 jours pour se rendre au cerveau, selon la partie du corps atteinte et la gravité de la blessure. Plus le site de l’exposition est près de la tête ou plus elle est importante, plus la maladie atteindra rapidement le cerveau. Lorsque le virus atteint le cerveau, les symptômes de la maladie apparaissent. L’administration d’un vaccin rapidement après l’exposition permettra de prévenir le développement de la maladie. Par contre, dès l’apparition des premiers symptômes, la mort est inévitable. Par conséquent, consultez un médecin ou contactez Info Santé au 811 le plus tôt possible à la suite d’une exposition à risque (morsure, griffure, etc.) avec un mammifère sauvage.

Transmission

En Amérique du Nord, la rage est présente chez plusieurs animaux sauvages. Les principaux mammifères terrestres affectés sont le raton laveur, la mouffette et le renard. Par contre, la majorité des cas de transmission de la maladie à l’humain ont été associés à la chauve-souris. Le virus, présent dans la salive, est généralement transmis lorsque l’animal mord, griffe ou lèche un autre animal ou une personne. Le risque d’infection par le sang, l’urine et les excréments est très faible. La rage ne peut pas traverser la peau intacte, mais elle peut également entrer lors d’un contact de la salive de l’animal infecté avec une muqueuse telle que le nez, la bouche, les yeux ou une plaie existante.  À la suite d’une exposition à risque, lavez la plaie avec de l’eau et du savon pendant 10-15 minutes, immédiatement ou dès que possible même si des heures se sont écoulées depuis l’incident.

Symptômes chez l’homme

Les premiers symptômes de la rage sont habituellement un picotement au niveau de la plaie, de la fièvre, un mal de tête ainsi qu’un sentiment général de malaise. Par la suite, des hallucinations ou de l’insomnie peuvent survenir et la production de salive sera grandement accrue. Finalement, des troubles neurologiques comme des spasmes musculaires, des tremblements, de la difficulté à respirer ou avaler et de la confusion peuvent apparaître.

Symptômes chez l’animal

Les premiers signes à apparaître chez les animaux sont le manque d’appétit, la fièvre, les vomissements, la constipation ou la diarrhée. Toutefois, en tout temps, il faut se méfier si un animal sauvage ou domestique présente un comportement étrange ou anormal comme de l’agressivité, l’excitation, la désorientation, l’isolement, la paralysie partielle ou l’absence de peur de l’homme.

Rôle des piégeurs

Au Québec, après la découverte de cas de rage du raton laveur en 2006, le ministère a pu compter sur la collaboration de piégeurs professionnels pour aider à atteindre l’objectif d’éliminer cette maladie de la province. Des opérations annuelles de surveillance et de contrôle sont effectuées en Estrie et en Montérégie depuis 2006. Grâce aux efforts déployés, un seul cas de raton laveur infecté par la rage a été détecté depuis 2010. Pour plus d’information sur le plan gouvernemental et le rôle des piégeurs dans la lutte contre la rage du raton au Québec, visitez le site internet www.rageduratonlaveur.gouv.qc.ca.

La tularémie

La tularémie est une maladie bactérienne qui s’attaque au système immunitaire. La bactérie se propage ensuite dans les organes internes et nuira à leur fonctionnement. Il est donc difficile de combattre cette maladie seule, mais elle n’est généralement pas fatale. En effet, l’utilisation d’antibiotiques fonctionne très bien pour la traiter.

Transmission

La tularémie s’observe généralement chez le lièvre, le castor, le rat musqué ainsi que chez d’autres petits rongeurs, mais elle est facilement transmissible aux prédateurs de ces espèces et à l’homme. Cette maladie peut être transmise par contact direct avec un animal infecté ou simplement en respirant l’air contaminé, par exemple par des poils infectées. L’infection peut également se produire en consommant de l’eau ou de la viande contaminée ou à la suite d’une piqûre de tique. Afin de prévenir la maladie, il est conseillé de toujours porter de l’équipement de protections comme des gants, un masque et des lunettes lors de la manipulation de la carcasse d’un animal. Il faut également éviter d’entrer en contact avec un animal malade ou mort, se protéger des tiques et faire cuire adéquatement la viande de gibier avant de la consommer.

Symptômes chez l’homme

Les premiers symptômes de la tularémie apparaîtront généralement de 3 à 5 jours suivant l’infection. Les principaux symptômes sont de la fièvre, des douleurs musculaires, de la fatigue et des maux de tête. Comme ceux-ci ressemblent beaucoup à ceux d’autres maladies plus communes il est difficile de diagnostiquer la tularémie. Selon le mode d’infection (contact direct, ingestion ou inhalation),  la tularémie se manifestera par des ulcères cutanés, une inflammation de la gorge, des douleurs abdominales, des vomissements, de la diarrhée ou une pneumonie.

Symptômes chez l’animal

Chez les animaux, les individus affectés seront amorphes et se laisseront facilement approcher. Ils pourront également présenter des plaies ainsi que des bosses sur le corps dû à des ganglions enflés. Lors de l’éviscération, on pourra observer que certains organes internes, comme le foie et la rate, sont plus volumineux avec de petits points blancs.

Rôle des piégeurs

Les piégeurs sont souvent les premiers à observer des comportements anormaux chez les populations animales. En reportant et transmettant les carcasses d’animaux suspects au gouvernement, les piégeurs permettent d’installer des mesures permettant de sensibiliser la population locale et de diminuer la propagation de cette maladie. Entre 2012 et 2013, les piégeurs ont participé à une étude évaluant la présence de la tularémie au Québec. Cette étude avait démontré l’existence de cette maladie au sein de la faune sauvage pour plusieurs régions. Pour plus d’informations vous pouvez consulter le mémoire de thèse.

La gale sarcoptique

La gale sarcoptique est une maladie très contagieuse résultant de plaies causées par les mites. Contrairement au tiques, les mites ne sont pas visibles à l’œil nu. Le cycle de vie des mites se fait entièrement dans des cavités dans la peau de son hôte. À la suite de l’accouplement des mites près de la surface de la peau, la femelle s’enfouira à travers la peau en s’alimentant de cellules et de fluides provenant de la plaie. Elle déposera ses œufs tout le long du tunnel. Après l’éclosion, les larves continueront à migrer dans la peau et deviendront adulte en deux semaines. Comme les mites sont très spécifiques de leur espèce hôte, les infections provenant d’animaux ne sont généralement pas dangereuses pour l’homme. Par contre, l’infection peut être beaucoup plus sévère pour les animaux de compagnie.

Transmission

La gale sarcoptique est une maladie unique aux mammifères, mais affecte plus fréquemment le renard roux, le coyote et le loup. Cette maladie est transmise par le transfert direct de mites d’un individu infecté à l’autre. Le transfert indirect, par des objets infectés, est également possible. Les mites peuvent demeurer vivantes sans hôtes pour de longues périodes, ce qui est un facteur important pour la propagation de la maladie. Pour éviter la transmission de mites, il est conseillé de toujours porter des gants et des vêtements longs lors de la manipulation d’animaux sauvages. L’application d’acaricide peut également être utilisée pour traiter les animaux et les personnes infectées.

Symptômes chez l’homme

Le principal symptôme de cette maladie est l’apparition de lésions à la zone de contact, généralement les mains et les bras, qui s’estomperont graduellement. La peau deviendra rouge, enflammée et sera accompagnée de démangeaisons. Dans la plupart des cas, aucun traitement n’est nécessaire.

Symptômes chez l’animal

Chez les animaux, les infections par la galle sarcoptique seront caractérisées par une peau huileuse et croûtée, la perte des poils ainsi que l’apparition de gales. Les individus seront souvent en mauvaise condition physique et se laisseront approcher facilement. En période hivernale, les individus sévèrement infectés succomberont au froid dû à la perte de poils.

Rôle des piégeurs

Comme la gale sarcoptique se transmet lors d’un contact direct entre des individus, une épidémie est plus probable chez les populations animales ayant une densité trop élevée. En effectuant une gestion saine et renouvelable des populations sur leurs territoires, les piégeurs aident à restreindre le risque de contagion. De plus, les individus infectés étant en moins bonne condition physique auront tendance à se faire capturer plus facilement, diminuant ainsi la probabilité d’infecter leurs congénères.

Ce projet a bénéficié d’un soutien financier du ministère des forêts, de la faune et des parcs rendu possible grâce à la vente des permis de chasse, de pêche et de piégeage au Québec. Toutefois, les idées ou les opinions formulées dans cette vidéo sont celles du ou des auteurs et ne reflètent pas nécessairement une position gouvernementale.