Les oiseaux de proies

Comment éviter les captures accidentelles?

Les espèces

L’aigle royal et le pygargue à tête blanche, autrefois appelé aigle à tête blanche, constituent les deux plus grandes espèces d’oiseaux de proie au Québec. En raison de leur position dans la chaîne alimentaire et de leur relative fragilité en regard de certains types d’interventions humaines, chaque perte d’individu est susceptible d’affecter les populations de ces rapaces. Au Québec, ces derniers figurent sur la liste des espèces menacées ou vulnérables, et nécessitent ainsi une attention particulière. Pour cette raison, les piégeurs sont sollicités afin de contribuer activement à leur rétablissement.

Comment les reconnaître

On reconnaît facilement le pygargue adulte à sa tête et à sa queue blanches, qui contrastent avec le reste de son corps brun foncé. Son bec est jaune, tout comme ses pattes. L’aigle royal adulte est entièrement brun foncé, avec la nuque et la couronne de couleur dorée. Les immatures des deux espèces peuvent facilement être confondus. De près, autant chez l’immature que chez l’adulte, l’aigle royal se distingue par ses pattes couvertes de plumes jusqu’au niveau des orteils, comparativement au pygargue.

Leurs habitats

Bien que parfois similaires en apparence et en taille, l’aigle royal et le pygargue à tête blanche n’occupent généralement pas les mêmes habitats. On retrouve le plus souvent l’aigle royal en terrain montagneux, loin des zones habitées et du dérangement causé par l’activité humaine. Il niche presque exclusivement sur des falaises ou des escarpements rocheux, rarement dans les arbres. Il recherche généralement des terrains ouverts pour la chasse, où il s’alimente d’une grande variété de proies : lièvres, petits rongeurs, sauvagine, etc. Il peut également se nourrir de carcasses à l’occasion, principalement en hiver, alors que diminue la disponibilité des proies vivantes.

Le pygargue à tête blanche fréquente habituellement les grands cours d’eau, nichant le long des côtes, des lacs et des rivières. Pour la nidification, il privilégie souvent de grands conifères qui surplombent la canopée environnante, au sommet desquels il construit un nid de grande taille. Celui-ci, constitué de grosses branches entrelacées, est la plupart du temps utilisé pendant plusieurs années consécutives. Le pygargue se nourrit de façon opportuniste sur une grande variété de proies, vivantes ou mortes, privilégiant généralement le poisson aux autres types de proies.

Les causes de décès

Plusieurs causes de décès chez les aigles sont d’origine humaine. L’impact réel de certaines d’entre elles sur leurs populations sont cependant difficilement mesurables, faute de données (ex. : empoisonnement au plomb, abattage). D’autres causes sont mieux documentées, notamment parce que les aigles sont davantage rapportés aux autorités. C’est le cas pour les collisions (véhicules, éoliennes, édifices) ainsi que pour les captures accidentelles effectuées par les piégeurs. Rappelons que ces dernières peuvent facilement être évitées.

L’automne et l’hiver, les aigles sont principalement nécrophages. Ils se nourrissent de carcasses diverses. Ce régime les rend particulièrement vulnérables au piégeage, puisqu’ils chassent à vue et sont attirés par les appâts mal cachés. Les aigles peuvent marcher au sol sur des distances importantes pour accéder à un appât.

En quoi les piégeurs peuvent-ils contribuer au rétablissement des populations d’aigles?

En raison de leur présence et de leur connaissance du territoire, les piégeurs peuvent porter une attention particulière afin de détecter la présence de ces oiseaux et de leurs sites de nidification. Les piégeurs peuvent également contribuer au rétablissement des populations d’aigles en adaptant leurs approches de piégeage afin d’éviter au maximum l’incidence de captures accidentelles. Il est impératif d’adopter de meilleures pratiques de piégeage sur l’ensemble du territoire québécois.

>>> Téléchargez le fascicule complet <<<

Que faire en cas de prise accidentelle?

Si l’oiseau est vivant, vous devez le dégager de l’engin de capture qui le retient. Toutefois, ne le relâchez pas sur place, même si l’oiseau ne présente aucune blessure apparente. Il peut souffrir d’engelures, de blessures internes ou d’un épuisement physique nécessitant des
soins.

Partenaires: